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Alerte Entreprises NièvreArnaques, fraudes et vols : repérer, éviter, réagir

Arnaques aux formalités : faux registres, fausses factures, faux annuaires

Par Claire MorvillardMis à jour le 30 septembre 202612 min de lecture

Arnaques aux formalités : faux registres, fausses factures, faux annuaires

L'essentiel

  • Un registre officiel n'envoie jamais de courrier avec un QR code de paiement sous peine de radiation en sept jours, c'est le signal numéro un d'une arnaque aux formalités
  • L'immatriculation au Registre national des entreprises et l'inscription au répertoire Sirene sont entièrement gratuites, quel que soit le document reçu qui affirme le contraire
  • Un faux annuaire professionnel imite une facture ou un document officiel, mais reste juridiquement une offre commerciale que rien n'oblige à signer
  • Avant de payer, vérifier l'identité de l'émetteur, comparer le document aux organismes officiels et ne jamais céder à un délai de règlement très court
  • Signaler sur SignalConso, alerter la DDPP si l'émetteur est en France, et porter plainte pour escroquerie si le document vient de l'étranger ou si un paiement a déjà été effectué

Un courrier réclamant un paiement pour un « registre des sociétés », une facture qui reprend le nom de l'INPI ou de l'Insee, ou une proposition d'inscription à un annuaire professionnel : ces trois documents visent tous le même but, faire payer une entreprise pour une formalité gratuite ou pour un service qu'elle n'a jamais demandé. Une entreprise vient d'être immatriculée et reçoit, quelques jours plus tard, une enveloppe au ton administratif réclamant plusieurs centaines d'euros sous sept jours. Ce guide détaille comment reconnaître un faux registre, une fausse facture ou un faux annuaire, ce qu'il faut faire dès la réception du courrier, la conduite à tenir si un paiement a déjà été effectué, et les adresses officielles pour signaler les faits.

Qu'est-ce qu'une arnaque aux formalités d'entreprise ?

Une arnaque aux formalités d'entreprise consiste à profiter du moment où une société vient d'être créée, modifiée ou vient d'accomplir une démarche administrative pour lui adresser un document à l'apparence officielle, réclamant un paiement pour une prestation gratuite, fictive ou jamais sollicitée. Le document reprend le nom de la société, son numéro SIREN ou SIRET, son adresse et parfois le nom de son dirigeant, des informations exactes parce qu'elles sont publiques depuis l'immatriculation. Cette exactitude n'a rien d'un piratage : elle rend simplement le courrier plus crédible aux yeux d'un dirigeant pressé.

Trois formes reviennent le plus souvent chez les entreprises françaises : le faux registre ou la fausse facture qui imite un organisme officiel comme l'INPI, l'Insee ou le registre du commerce et des sociétés ; l'arnaque à l'annuaire professionnel, qui propose une insertion payante présentée comme une obligation ; et le faux site internet qui reproduit les codes visuels d'un service public pour collecter un paiement par carte. Les trois exploitent la même faiblesse : un entrepreneur qui ne connaît pas encore précisément le circuit officiel de ses formalités et qui reçoit ce courrier au milieu d'autres documents authentiques, avis de situation, attestation URSSAF, notification fiscale.

Faux registres et fausses factures : comment repérer le courrier frauduleux ?

L'INPI a publié une alerte sur des courriers frauduleux imitant son en-tête, qui réclament un paiement dans les sept jours sous peine de radiation, à régler via un QR code imprimé sur le document. L'organisme est formel : il n'envoie jamais de courrier avec une demande de paiement par QR code. Aucun registre officiel ne facture de frais pour publier ou maintenir à jour l'immatriculation d'une entreprise.

L'Insee a de son côté signalé une fraude massive aux immatriculations Sirene : des courriers demandent aux entreprises de confirmer leur immatriculation contre 90 à 100 euros. L'inscription au répertoire Sirene est totalement gratuite et automatique dès la création de l'entreprise via le guichet unique. Aucun courrier n'est envoyé par La Poste pour ce motif, et l'avis de situation qui prouve l'immatriculation se télécharge gratuitement en ligne.

Ce que dit le courrier frauduleuxCe qu'il faut savoir
« Réglez cette formalité sous sept jours sous peine de radiation »Aucun registre ne radie une entreprise pour un impayé de sept jours, sans procédure ni greffe
« Confirmez votre immatriculation en réglant les frais d'enregistrement »L'immatriculation est gratuite, aucune confirmation payante n'existe
« Scannez le QR code pour régler votre formalité en ligne »Aucun organisme officiel ne facture par QR code sur un courrier papier
« Frais de publication des informations légales »La publication de l'immatriculation ne donne lieu à aucun frais séparé une fois l'entreprise créée

Un détail permet souvent de trancher rapidement : chercher, sur le document lui-même, le numéro SIREN ou l'identité complète de l'organisme qui réclame l'argent, pas celui de l'entreprise destinataire. Une facture entre professionnels doit porter l'identité complète de son émetteur. Quand seules les coordonnées de l'entreprise ciblée apparaissent, sans que l'émetteur ne soit clairement identifiable, il ne s'agit pas d'une facture mais d'une sollicitation commerciale déguisée.

Arnaque à l'annuaire professionnel : comment ça marche ?

La DGCCRF décrit trois techniques d'approche récurrentes chez les éditeurs d'annuaires dits professionnels. La première présente une offre régulière, avec un prix et des conditions clairement énoncés, mais qui n'apporte aucune retombée réelle pour l'entreprise qui a signé en toute connaissance de cause. La deuxième envoie un bon de commande après un démarchage téléphonique vantant une « offre exceptionnelle à saisir », avec des paiements échelonnés et des clauses importantes absentes du document. La troisième, la plus trompeuse, envoie par publipostage un document qui ressemble à une facture, à un document du registre du commerce et des sociétés ou à une vérification de coordonnées Info-Siret, en laissant croire à une simple mise à jour administrative ou à une obligation légale.

Les entreprises nouvellement enregistrées au registre du commerce et des sociétés ou au registre des métiers restent les cibles privilégiées de cette fraude, aux côtés des associations et des collectivités. Le coût d'une inscription dans ces annuaires varie fortement selon l'éditeur : le répertoire des arnaques au Kbis publié par Infogreffe recense des factures allant de quelques dizaines d'euros à près de deux mille euros, parfois facturées chaque mois ou reconduites sur plusieurs années. Une fois la signature obtenue, quelle que soit la méthode employée, les émetteurs relancent la victime avec insistance pour obtenir le paiement des sommes réclamées.

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Le réflexe qui sauve

Avant de signer quoi que ce soit reçu par courrier ou après un appel téléphonique non sollicité, chercher le prix annuel dans les petits caractères, vérifier si l'entreprise émettrice est domiciliée en France ou à l'étranger, et comparer son logo à celui des organismes officiels réels. Une signature donnée dans la précipitation, sous prétexte d'une simple « vérification de coordonnées », engage juridiquement l'entreprise sur plusieurs années.

Faux sites qui facturent des démarches : le piège du QR code

Un courrier frauduleux réclamant un paiement conduit de plus en plus souvent vers un site internet plutôt qu'un chèque ou un virement classique. Le QR code imprimé sur le document ouvre une page qui reprend les codes visuels d'un service public : recherche d'entreprise par SIREN, mention d'un registre, bandeau évoquant une démarche officielle. Le paiement s'effectue par carte bancaire, un moyen rapide à obtenir et qui laisse peu de traces exploitables une fois la structure fermée.

Un simple scan du QR code n'engage rien tant qu'aucune information n'est saisie : c'est la transmission du numéro de carte bancaire ou la validation d'un formulaire qui déclenche le préjudice. L'INPI rappelle que ses services ne facturent jamais une formalité par ce moyen. Avant de saisir la moindre donnée bancaire sur un site atteint depuis un courrier reçu par la poste, il reste plus sûr de fermer la page et de vérifier la formalité directement depuis un accès officiel et authentifié de l'entreprise, sans passer par le lien fourni sur le courrier.

Comment distinguer une vraie démarche d'une sollicitation frauduleuse ?

Une entreprise a par ailleurs de vraies formalités à accomplir au cours de sa vie, une modification de statuts, un changement d'adresse ou la mise à jour d'un dirigeant. Ces démarches passent par le guichet officiel des formalités d'entreprises, gratuit pour la plupart des actes d'immatriculation, ou par un professionnel clairement identifié, qui communique son nom, son adresse et un tarif affiché avant tout engagement. Un prestataire qui refuse de donner ces informations avant la signature, ou qui les dissimule dans des mentions en petits caractères, ne doit jamais être payé dans la précipitation. La vigilance qui protège d'une arnaque aux formalités est la même qui permet de choisir, le jour où l'entreprise en a réellement besoin, un accompagnement professionnel sérieux plutôt qu'une sollicitation reçue par surprise.

Que faire immédiatement en recevant ce type de courrier ?

Farid vient d'immatriculer sa société de plomberie près de Nevers. Dix jours plus tard, une enveloppe arrive avec son SIREN imprimé en gras, un logo tricolore et une phrase annonçant que sa formalité restera « en attente » tant qu'il n'aura pas réglé 190 euros sous sept jours par QR code. Rien dans le document ne l'identifie comme émanant d'un organisme officiel : aucun numéro d'immatriculation propre à l'émetteur, aucune adresse vérifiable. Farid décide de ne rien régler et de vérifier directement son dossier depuis son espace officiel avant d'agir.

1. Ne pas payer et ne pas répondre à l'expéditeur : aucune formalité d'entreprise déjà accomplie ne redevient exigible par courrier, quel que soit le ton employé.

2. Ne pas scanner le QR code par réflexe ; si c'est déjà fait, ne saisir aucune donnée bancaire ni aucune information sur le site atteint, et fermer la page.

3. Conserver le courrier et son enveloppe : ils serviront de preuve en cas de signalement ou de plainte.

4. Vérifier la situation réelle de l'entreprise depuis un accès officiel et authentifié, jamais depuis le lien ou le numéro indiqué sur le courrier reçu.

5. Prévenir les personnes qui traitent le courrier au sein de l'entreprise, assistants administratifs ou comptables, qui sont souvent les premiers destinataires de ces documents et peuvent régler un paiement sans en référer au dirigeant.

6. Signaler le document, même sans avoir payé, pour aider à repérer ces pratiques auprès des autres entreprises.

SituationBon réflexe
Courrier reçu, rien payéConserver le document, vérifier la formalité en ligne, signaler
QR code scanné sans paiementFermer la page, ne rien saisir, aucune conséquence si aucune donnée n'a été transmise
Paiement déjà effectué par carte ou virementAlerter la banque sans délai, conserver les preuves, déposer plainte
Bon de commande d'annuaire déjà signéRelire le contrat, contacter la DDPP du département, ne pas payer sous la seule pression des relances

Où signaler une arnaque aux formalités d'entreprise ?

Plusieurs adresses se complètent selon la nature du document reçu et selon qu'un paiement a déjà eu lieu ou non. SignalConso, la plateforme de la DGCCRF, recueille les signalements de pratiques commerciales trompeuses, y compris pour un faux registre ou un faux annuaire, et permet à l'administration d'ouvrir une enquête si plusieurs entreprises signalent le même émetteur. Quand l'entreprise qui réclame le paiement est domiciliée en France, la DGCCRF recommande de saisir la direction départementale de la protection des populations, ou DDPP, du département de résidence de la victime.

Quand les auteurs sont domiciliés à l'étranger, ce qui concerne une grande partie des sociétés qui exploitent cette fraude, la DGCCRF conseille de déposer directement plainte pour escroquerie auprès des services de police du lieu de résidence de la victime ou auprès du procureur de la République. Le répertoire des arnaques au Kbis publié par Infogreffe recense de longue date des dizaines de faux organismes de ce type, sous des noms qui évoquent tous un registre officiel, avec des montants réclamés allant de moins de cent euros à plus de mille euros selon les vagues d'envoi.

Qui contacterPour quoi faire
SignalConso (DGCCRF)Signaler une pratique commerciale trompeuse, un faux registre ou un faux annuaire
DDPP ou DDETSPP du départementDéposer une plainte administrative contre un émetteur domicilié en France
Commissariat, gendarmerie ou procureur de la RépubliquePorter plainte pour escroquerie, notamment si l'émetteur est à l'étranger ou si un paiement a eu lieu
Banque de l'entrepriseFaire opposition ou tenter un retour des fonds après un paiement déjà effectué

Pour une escroquerie déjà consommée, la démarche à suivre pour déposer plainte, réunir les preuves et choisir entre commissariat, gendarmerie ou courrier au procureur suit la même logique que pour toute autre arnaque visant une entreprise, avec les mêmes étapes de vérification des preuves avant le dépôt.

Que risque l'auteur d'une arnaque aux formalités ?

Selon le montage utilisé, plusieurs qualifications pénales peuvent s'appliquer. Lorsque le document trompe l'entreprise sur le caractère obligatoire d'un paiement, sans que l'existence d'une escroquerie caractérisée soit établie, la pratique commerciale trompeuse est punie de deux ans d'emprisonnement et 300 000 euros d'amende pour une personne physique, portée à cinq ans d'emprisonnement et 750 000 euros d'amende lorsque l'infraction est commise par un service de communication en ligne, ce qui couvre les faux sites atteints par QR code. Une personne morale reconnue responsable encourt une amende pouvant atteindre 1 500 000 euros.

Lorsque le document a été conçu pour faire croire à une origine administrative ou étatique et que la tromperie a effectivement déterminé l'entreprise à remettre des fonds, la qualification d'escroquerie peut s'appliquer : elle est punie de 5 ans de prison et 375 000 euros d'amende, la tentative étant punie des mêmes peines. Ces peines montent à 7 ans et 750 000 euros dans certaines circonstances aggravantes, et à 10 ans et 1 000 000 euros si l'escroquerie a été commise en bande organisée.

La DGCCRF dispose par ailleurs, par l'intermédiaire d'un agent habilité, d'un pouvoir d'injonction en cessation de la pratique commerciale trompeuse, assortie le cas échéant d'une astreinte journalière, indépendamment des poursuites pénales ; le tribunal peut en complément prononcer, à titre de peine complémentaire, une interdiction de gérer une entreprise pendant cinq ans au plus à l'encontre de la personne condamnée.

Questions fréquentes

Dois-je payer un courrier qui réclame des frais pour mon immatriculation ?

Non. L'immatriculation d'une entreprise au Registre national des entreprises et l'inscription au répertoire Sirene sont entièrement gratuites. Aucun organisme officiel n'envoie de courrier réclamant un paiement pour confirmer ou publier une immatriculation déjà effective.

Comment savoir si un courrier vient vraiment de l'INPI ou de l'Insee ?

L'INPI n'envoie jamais de courrier avec une demande de paiement par QR code. L'Insee n'envoie aucun courrier postal pour confirmer une immatriculation Sirene. En cas de doute, vérifier la situation de l'entreprise directement depuis un accès officiel et authentifié, jamais depuis le lien indiqué sur le courrier reçu.

J'ai déjà scanné le QR code sans payer, que dois-je faire ?

Rien de particulier si aucune information n'a été saisie ensuite. Le scan ouvre simplement une page web ; le risque commence à la transmission de données bancaires ou personnelles. Fermer la page et ne pas y revenir.

Ai-je signé un vrai contrat en répondant à une offre d'annuaire professionnel ?

Souvent oui, ce qui rend la situation différente d'un faux registre. L'offre d'insertion dans un annuaire est en général un contrat commercial réel, mais présenté de façon trompeuse sur son caractère obligatoire ou sur ses effets attendus. La DGCCRF conseille de contacter la DDPP du département pour faire valoir la pratique commerciale trompeuse.

Que faire si l'entreprise a déjà payé une fausse facture de formalités ?

Alerter immédiatement la banque pour tenter de bloquer ou de faire revenir les fonds, conserver le courrier et la preuve de paiement, puis déposer plainte au commissariat, en gendarmerie ou par courrier au procureur de la République, en particulier si l'émetteur est domicilié à l'étranger.

Ces arnaques visent-elles surtout les entreprises qui viennent d'être créées ?

Oui, très majoritairement. Le courrier arrive souvent dans les jours qui suivent l'immatriculation, au moment où l'entreprise attend encore des documents authentiques comme l'avis de situation, l'attestation URSSAF ou une notification fiscale, ce qui rend le faux document plus difficile à repérer parmi les vrais.

Une arnaque aux formalités ne se reconnaît pas à la qualité du papier ou à l'exactitude du SIREN imprimé en haut du courrier, mais à ce qu'elle demande : payer dans l'urgence une démarche qui, la plupart du temps, ne coûte rien ou a déjà été accomplie. Le seul geste qui protège durablement une entreprise reste le même après chaque immatriculation, chaque modification de statuts ou chaque courrier inattendu, vérifier la source avant de régler quoi que ce soit. Les dirigeants concernés par un faux ordre de virement usurpant l'identité d'un dirigeant reconnaîtront le même ressort de l'urgence utilisé pour éviter toute vérification. Pour l'ensemble des pièges qui visent les entreprises, la page arnaques et l'accueil d'Alerte Entreprises Nièvre rassemblent les autres sujets traités sur le site.

Vous pensez avoir été victime ?

  1. Agissez vite pour limiter la perteAppelez votre banque pour tenter de bloquer ou de rappeler le paiement, faites opposition sur la carte ou les chèques, changez les mots de passe exposés.
  2. Gardez les preuves et portez plainteMessages, factures, relevés, captures d'écran : tout sert. Plainte au commissariat, à la gendarmerie, par courrier au procureur ou en ligne pour certaines escroqueries sur internet. Le détail : porter plainte pour escroquerie.
  3. Faites-vous aider et signalez17Cyber pour une attaque informatique, Info Escroqueries au 0 805 805 817 (appel gratuit), 33700 pour un SMS frauduleux. Urgence : 17 ou 112.